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Encore une fois, les autorités sanitaires ont annoncé la prolongation du confinement à Saigon. De mesures plus drastiques ont été adoptées pour endiguer la propagation du sale virus.

Pour des Saïgonnais aisés ou de classe moyenne, rester à la maison pendant quelques mois est pour eux une opportunité de prendre du recul avec la vie occupée et de passer des moments de qualité auprès de la famille. Bien évidemment, ils trouveraient cette situation frustrée, ne sachant quand pouvoir sortir prendre un café ou faire du shopping. Ils rencontreraient aussi des difficultés dans l’accès aux alimentations, les grandes chaines de distribution de la ville ayant été bouleversées. Si ces impacts se font ressentir dans toutes les familles saïgonnaises, ils seront probablement plus profonds et plus durables chez les défavorisés, qui, même en travaillant toute la journée, peinent déjà à se nourrir. Pour ces populations vulnérables, ces périodes de confinement exacerbent encore sur leur misère.

Une semaine après l’installation du confinement au début du mois de juin, les assistants sociaux de Maison Chance, qui gardent toujours un contact permanent avec des familles bénéficiaires, les ont téléphonés pour prendre de leurs nouvelles. Histoire de savoir comment ils procèdent à cette “vie au ralenti”, comme dirait-on. Grâce à ces coups de téléphone, nous avons appris une nouvelle notion d’un parent d’élève. “Comment les gens comme nous peuvent vivre au ralenti ? C’est la mort au ralenti plutôt”, a plaisanté ce parent. Ironiquement, cette plaisanterie reflète pourtant la réalité douloureuse que vivent ces familles démunies.

Pourquoi mourir au ralenti ? Frappés de plein fouet par les conséquences de la pandémie, privés de leur seul gagne-pain, les foyers sont toujours obligés de payer le loyer, les charges, les dettes, pour ne pas mentionner les dépenses inattendues quand un enfant est malade. “Pourquoi n’ont-il pas mis de l’argent de côté pour des situations d’urgence comme telles ? Nous savons tous que la vie est pleine d’imprévus, il faut nous y préparer”. Au fait, la plupart d’entre eux sont venus des régions rurales. Dépourvus de terrain ni de moyens de production, ils doivent venir chercher du travail à Saigon, espérant gagner suffisamment pour nourrir leur petite famille, voire même leur grande famille à la campagne, pour permettre leurs enfants à aller à l’école.

Pour une famille à Saigon avec autant de dépenses quotidiennes, aussi économe soit-elle, il lui serait difficile d’épargner quelque chose. S’il y en a, cette pauvre somme s’épuiserait probablement à mesure que le confinement s’allonge. Certaines familles, plus chanceuses, se logent chez un proche et ne doivent pas payer un loyer mais elles doivent se préoccuper d’autres problèmes non moins compliqués.

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Par nos expériences, Maison Chance sait que pour plus de 200 enfants soutenus par l’organisation, il s’agit d’autant de situations. De familles monoparentales aux familles dysfonctionnées en passant par familles dont un parent, voire deux, est atteint des problèmes mentaux ou des handicaps physiques… Aussi différents soient-ils, leur point commun est une vie difficile et précaire.

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Dans cette course à longue haleine avec le coronavirus, beaucoup de familles, trop épuisées, commencent à jeter l’éponge. Elles ont vraiment besoin d’un coup de main pour tenir bon face à cette épreuve.

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Dans l’esprit de la solidarité, Maison Chance, malgré ses propres difficultés financières, s’efforce de mobiliser et de connecter les donateurs à ces familles défavorisées dans le souhait de les épauler, de leur donner de la force. Après que la pandémie se calme, Maison Chance continuera d’accompagner leurs enfants sur leur chemin vers la connaissance.

Traduit par: Ngoc Thao