Nouveaux visages au Foyer

Hoai Thanh

Nguyen Hoai Thanh est né en 1994 dans une famille pauvre. Depuis sa petite enfance il n’a pas eu droit à l’af- fection et la protection de sa famille. A huit ans il voit ses parents se disputer, puis divorcer. Il a heureusement encore sa grande sœur, Truc, de six ans son aî- née. Il souffre néanmoins de l’absence de sa mère.

Après le divorce Thanh vit avec son père une brève période, puis, avec sa soeur, dans la famille de sa mère. Les deux enfants ne sont pas les bienve- nus dans cette nouvelle famille, et finale- ment ils décident de partir et de cohabiter avec une autre tante qui a, elle aussi, de nombreux enfants.

La tante est pauvre. Elle vit de la vente de légumes au marché. Le soir toute la famille dort dans le marché. En 2006, le marché est définitivement fermé et ils déménagent au bord de la rivière dans un bidonville à Saigon, avec juste une bâche sur leurs têtes, pour être pro- tégés de la pluie, et des cloisons faites de plastiques et de cartons trouvés dans les environs. Ils sont neuf personnes dans 15 m2. Thanh et Truc doivent se dé- brouiller pour survivre. En 2010 Thanh a un grave accident, il se brise la nuque et devient tétraplégique. Il est hospitalisé.

Pour payer les frais hospitaliers, Truc fait tous les métiers, d’aide-maçon à éboueuse, en ramassant les sacs en plastique, en faisant la vaisselle, le chauffeur de moto…Thanh est complètement paralysé, et entièrement dépendant de sa sœur . Elle l’aide à retrouver le moral. Thanh passe six mois a l’hôpital et progressivement, grâce à la physiothérapie que sa sœur lui prodigue, il récupère une partie de la fonction de ses membres supérieurs. Il va devoir sortir de l’hôpital, et Truc se demande bien où ils vont atterrir….Finalement, grâce à la solidarité des uns et des autres, la Maison Chance ac- cueille Thanh en août 2012. Trois mois après son arrivé dans notre grande fa- mille, où il trouve des personnes dans la même situation que lui, il commence à apprendre à devenir plus indépendant, moins complexé, plus ouvert et dé- brouillard, malgré son lourd handicap.

Il a aussi commencé une formation en informatique, et tous les jours il va au Centre Envol pour sa formation profes- sionnelle. Thanh a retrouvé le sourire, car sa vie a retrouvé un sens.

Y Nam

Nam est le troisième enfant d’une famille de dix frères et sœurs. Elle appartient à l’ethnie Ba Na. Elle est née dans une région reculée du district de Dak Ha, dans la province de Kon Tum. Sa famille est très pauvre, ses parents analphabètes. Leur travail dans l’agri- culture leur permet juste de survivre. Lorsque que Y Nam était en 7e année, sa famille l’a confiée à un orphelinat tenu par des religieuses afin qu’elle puisse continuer à aller à l’école.

En septembre 2011, le lit à étage sur lequel elle se reposait, s’est effondré et Y Nam est tombée. A ce moment-là, on a pensé qu’elle s’en était sortie indemne. Mais quatre mois plus tard, elle a commencé à trouver ses pieds et ses mains souvent froids, ses mouvements devenant de plus en plus difficile. Ainsi cet accident anodin a changé pour tou- jours la vie d’une jeune fille vive, intelligente, tournée vers les autres. Y Nam doit maintenant faire face à de nombreuses difficultés dans son fauteuil roulant.

Après l’accident, les épreuves se sont multipliées. Au fur et à mesure que la maladie s’aggravait, ses jambes per- daient de leur force et bientôt elle ne pouvait plus marcher et devait se trainer sur le sol pour aller aux toilettes ou dans la cuisine.En janvier 2012, son état s’est ag- gravé. Ses jambes et son corps sont de- venus plus raides. Elle n’arrivait plus à parler et avait de la peine à respirer. Les religieuses demandèrent à sa famille de l’amener à l’hôpital de Kon Tum.

A l’hôpital, Y Nam a attrapé des escarres qui ont provoqué des douleurs atroces. Elle n’avait plus de sensibilité et des problèmes pour uriner.

A ce moment-là, Y Nam a reçu l’aide providentielle du directeur d’une compagnie qui a un programme d’aide pour les démunis. Elle a ainsi pu être transférée à Ho Chi Minh Ville. Après plusieurs mois d’hospitalisation, les médecins ont conclu qu’elle souffrait d’une inflammation de la moelle épi- nière qui l’oblige à rester dans un fau- teuil roulant.

C’est à ce moment que Y Nam a entendu parler de Maison Chance.

En octobre 2012, Y Nam fut la pre- mière personne issue d’une minorité ethnique à être accueillie à Maison Chance. Après une courte période d’adaptation, le sourire est revenu sur son visage. L’ambiance amicale l’a ai- dée à être optimiste: sa santé va se réta- blir et un nouveau futur l’attend.

Décembre 2012